Un jugement civil étranger (divorce, dette...) peut-il être exécuté en France ?

Mis à jour le 12 mai 2015 par « direction de l'information légale et administrative »

Oui. La procédure dépend du domaine concerné et du pays d'origine du jugement. Les jugements européens concernant les biens (une dette par exemple) peuvent être exécutés directement en France. Dans les autres cas, une autre procédure est nécessaire devant un tribunal français.

Si le jugement concerne des biens

Jugement rendu dans un pays de l'Union européenne

Un jugement étranger relatif aux biens (une dette par exemple) et provenant d'un État membre de

  • l'Union européenne
  • peut être exécuté selon une procédure simplifiée.

    Pour cela, il faut demander un titre exécutoire européen au juge étranger au moment où il rend sa décision. Le jugement peut alors être exécuté en France sans passer par un juge français. Par exemple, un titre exécutoire rendu par un juge allemand peut être utilisé directement par un créancier (celui qui réclame une dette) pour obtenir un paiement de la part d'un débiteur français (celui doit de l'argent). Le jugement doit cependant être traduit en français par un traducteur agréé.

    Jugement rendu dans un autre pays

    Un jugement relatif aux biens nécessite une procédure d'exequatur (exemple : un jugement étranger condamnant une personne résidant en France au paiement d'une somme d'argent).

    L'exequatur est une procédure visant à permettre l'exécution en France d'une décision de justice étrangère.

    Elle se déroule devant un juge du tribunal de grande instance (TGI) et nécessite le recours à un avocat.

    Le TGI compétent est celui du domicile du créancier (celui qui réclame un paiement) ou du débiteur (celui qui doit de l'argent).

    Tribunal de grande instance (TGI)

    tgi

    Avocat

    avocat_conseil_national

    Le juge vérifie la régularité du jugement étranger et notamment :

    • que le jugement est définitif dans son pays d'origine,

    • que la procédure suivie respecte les droits de la défense,

    • et que le jugement n'est pas contraire aux règles ayant pour but la protection de la personne humaine et de sa dignité (exemple : un jugement validant une répudiation unilatérale ne peut pas bénéficier de l'exequatur).

    Où s'adresser ?

    Avocat

    Pour se renseigner